Retour sur la Présidentielle américaine avec Axelrod

Mercredi 6 mars 2013, l’Institut d’Etudes Politiques de l’Université de Chicago, dirigé par le conseiller politique David Axelrod, recevait un panel de quatre journalistes qui ont couvert la campagne présidentielle des deux candidats et plus largement des partis démocrates et républicains.
L’opportunité rêvée de voir en chair et en os le grand David Axelrod (sans sa moustache) et d’entendre le point de vue de journalistes sur la campagne.

Le panel était donc composé de :

– Ronald Brownstein, journaliste au National Journal,
– Julianna Goldman, correspondante à la Maison Blanche pour Bloomberg
– Jonathan Martin, qui a passé deux ans à sillonner les routes pour couvrir les campagnes respectives des candidats,
– Jeff Zeleny, correspondant au New York Times et prochainement journaliste à la NBC,
– Et David Axelrod, conseiller politique de Barack Obama et fondateur de l’Institut d’Etudes Politique à l’Université de Chicago, ayant le rôle de modérateur pour la soirée.

Plusieurs fois pendant le débat, David Axelrod s’est retrouvé en position de protagoniste plutôt que de médiateur. Il était amusant de voir combien les journalistes étaient passionnés par le sujet et voulaient interviewer le conseiller et ami du Président Barack Obama sur des points stratégiques.

Après 2010 : à la reconquête de l’électorat

Tous étaient d’accord pour affirmer que la campagne d’Obama, même si elle n’avait pas été soumise au système des primaires, avait démarré très tôt, en février 2011, car chacun savait que ce ne serait pas une campagne facile…

Les élections de mi-mandat venaient de se terminer et Obama avait essuyé un échec cuisant au travers notamment de la montée du Tea Party. Les médias disaient alors qu’Obama ne serait peut-être que le Président d’un seul et unique mandat.

De son coté, le parti Républicain avait également dû faire face à cette montée spectaculaire du mouvement conservateur du Tea Party, et peinait à trouver le candidat capable de représenter la diversité qui composait désormais le camp Républicain.

2011 : Obama vs Romney, à chacun sa stratégie

Deux points de vue se sont alors opposés, départageant ainsi le plan d’attaque des deux campagnes : le facteur économique contre le facteur démographique. Le facteur économique était indéniablement défavorable au parti démocrate puisque le pays connaissait une période de crise. Il fallait donc miser sur le facteur démographique, autrement dit s’intéresser au potentiel des minorités qui représentaient une plus grande part de l’électorat qu’en 2008.

Alors que le parti Républicain faisait porter son argumentaire sur les mauvais résultats économiques et le fort taux de chômage, la campagne d’Obama mettait en avant l’importance du vote et de la composition de l’électorat.

En effet, ce que l’équipe de campagne d’Obama a très vite compris, contrairement à l’équipe de Mitt Romney, c’est que les indécis n’étaient plus les « older and whiter » comme en 2010, mais plutôt les minorités. D’où la prise de position franche en faveur du Dream Act facilitant l’intégration des enfants d’immigrés (hispaniques majoritairement), la défense des droits des femmes (égalité des salaires, remboursement de la pilule…), le mariage gay…

2012 : des défis à relever dans les deux camps

Durant l’été 2011, l’ambiance est morose à la Maison Blanche et Obama doit rebondir. Le discours sur le Jobs bill devient une sorte de referendum d’approbation (ou pas) de la politique du Président. Obama a besoin du soutien du Congrès pour regagner la confiance des électeurs. Les indécis ont bien compris que l’état de crise actuel n’était pas du fait de l’arrivée d’Obama au gouvernement, néanmoins ils attendent de lui qu’il arrive à trouver un terrain d’entente avec la chambre des Représentants et le Sénat, et qu’il travaille main dans la main avec le parti Républicain.

Par ailleurs, l’image de Mitt Romney au fil de la campagne a manqué de consistance. Il était plus perçu comme un businessman qu’un gouverneur, prêt à servir son propre intérêt plutôt que l’intérêt général, a l’instar de Donald Trump. Sa religion n’a pas été plus discutée que cela, ce dont on se rappelle c’est qu’il a changé d’avis sur plusieurs questions politiques, faisant de lui un homme peu fiable. Sa campagne s’est concentrée sur les résultats des sondages nationaux alors que pour l’équipe d’Obama, l’important était les intentions de vote des minorités notamment les femmes et les hispaniques.

Questions sur la relation média et politique

Quel rôle ont joué les médias traditionnels dans cette campagne ? Ont-ils dramatisé plus que nécessaire les événements qui ont suivi le premier débat? Comment couvrir une campagne de manière objective sachant que les journalistes sont en contact permanent avec les equipes de campagne et reçoivent régulièrement des emails (cordiaux ou non) de leur part visant à influencer la teneur de leur prochain article ? Autant de questions à poser lors d’une prochaine conférence…!

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