FH2012 : une campagne web à l’américaine

Même si, pardonnez-moi pour l’affront, j’éprouve davantage de plaisir à suivre la campagne présidentielle américaine que la française, je ne peux m’empêcher de m’intéresser aux stratégies de webpolitique qui sont développées en France. Et plus je me penche sur le sujet, plus je discerne des similitudes avec les méthodes de com’ politique américaine qui me ramènent à quelques années en arrière…

Obama, source d’inspiration incontestable

Certains hommes politiques et candidats n’ont pas honte de le dire : Obama est un modèle en terme de communication politique, et surtout de web-campagne. C’est pourquoi les moyens déployés en webpolitique pour les Présidentielles françaises de 2012 sont nettement plus importantes qu’en 2007.

La campagne de François Hollande consacre par exemple un budget de 2 millions d’euros à sa campagne Web, confiée à Vincent Feltesse, un élu PS de 44 ans. Comme il l’indique dans son blog, le responsable de la campagne numérique de FH2012 s’est fixé des objectifs bien précis :

(…) « recruter 10 000 volontaires sur le net (site, blog, réseaux sociaux…) pour ensuite rassembler 150 000 personnes qui font du porte à porte sur le terrain; fédérer 500000 followers sur twitter; lever 3 millions d’euros via la campagne sur la toile; obtenir 3 millions de mail qualifiés pour relayer efficacement les informations du candidat selon les attentes de chacun et chacune; produire 2000 vidéos car internet ne vit pas seulement de l’écrit mais aussi des images, souvent plus démonstratives et percutantes qu’un long discours. »

Pour cela, une plateforme a été récemment lancée « TousHollande.fr« , visant à engager les militants et sympathisants sur la toile.

les actions possible sur toushollande.frCela ne vous rappelle rien ?

Allez, je vous aide :

les boutons d'actions sur le site d'Obama

Une approche à 360° du webmarketing politique

Le webmarketing fait donc surface en politique à travers la campagne de FH2012. Il ne s’agit pas uniquement de rassembler des fans sur les réseaux sociaux, mais d’engager les internautes à agir, sur le web d’abord, puis sur le terrain. Comme Obama l’a fait avec succès en 2008, en réussissant le pari de traduire l’action en ligne par une action « réelle ».

La plateforme dédiée aux participants de FH2012 propose donc plusieurs actions possibles, du témoignage vidéo à la publication de contenus en passant par le porte-à-porte et même les dons. Les Français vont-ils être sensibles à ces appels à l’action importés tout droit des Etats-Unis ? Notre culture et notre perception de la politique sont-elles adaptées à ces méthodes de participation ? Allez-vous faire un don ?

J’attends vos commentaires. Pour ma part, je me rappelle au cours de la campagne sénatoriale de 2010 devoir faire du porte-à-porte le samedi matin pour vanter les mérites de mon candidat, et j’imaginais plutôt mal devoir faire cela en France… (où il y a des clôtures partout et des interphones ultra-sécurisés à l’entrée de chaque immeuble) Mais peut-être que je me trompe…?

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2 réponses à FH2012 : une campagne web à l’américaine

  1. Hugo dit :

    Merci pour ce billet 🙂
    Pour avoir fait plusieurs fois du porte à porte (en France), je pense qu’il sera intéressant de voir si cette campagne aura utilisé les méthodes de la campagne d’Obama notamment sur la personnalisation des messages qu’il soit en porte à porte ou en mailing.

    • Cynthia dit :

      Merci pour ce commentaire 😉
      On peut déjà dire que de gros efforts sont faits sur le plan digital par rapport à la campagne de 2007. Les nouvelles stratégies de webpolitique qui sont actuellement déployées par les candidats français s’inspirent grandement de la campagne 2008 d’Obama.
      Je suis en train de rassembler plusieurs observations en vue d’écrire un article comparatif, je vous en tiendrai informé dès publication !