Députés et médias sociaux : meilleurs ennemis ?

Alors que l’échéance de l’élection présidentielle approche et que les divers candidats peaufinent leur message de campagne, il n’est pas inutile de s’intéresser aux moyens de communication que ces derniers emploient pour atteindre leur électorat. Apparitions télévisées et conférences de presse ? Meetings dans l’Hexagone à la rencontre des « vrais gens » ? Et qu’en est-il de l’usage des médias sociaux ?

A l’heure où des milliers de foyers français déclarent naviguer quotidiennement sur le Net, ne serait-il pas opportun, messieurs les députés, de vous y mettre vous-aussi ?

Elus 2.0 : Communication politique et Internet

C’est en cherchant un compte-rendu sur la Social Media Week de février 2011 que j’ai pris connaissance il y a plusieurs mois du concept « Elus 2.0 ». Ce site web propose une analyse pratique de la présence de nos élus politiques sur le web. Un tableau de bord qui fait le point sur l’usage de la webpolitique chez les députés français. Après l’entreprise AccessiWeb, Pierre Guillou, fondateur d’Elus 2.0, s’efforce de changer les habitudes des hommes politiques français en les poussant à se développer et à communiquer sur un canal utilisé par des millions de Français : Internet.

Les habitudes de nos représentants politiques

Députés et Internet : outils d'analyse

Dans une étude menée en juin 2011, Elus 2.0 fait le classement des députés français, en fonction de leur degré d’activité sur la toile.

Un constat prégnant s’en émane : la majorité des députés n’affiche aucune présence (14%) ou peu sur Internet. Sur 575 députés, 116 n’ont pas de site internet, 307 pas de profil Facebook. A l’heure où la société navigue de plus en plus sur le Web, n’est-il pas judicieux de se servir de ce canal pour relancer la démocratie participative ?

« Députés, engagez-vous ! »

Suite à cette étude, des experts de la sphère politique se sont exprimés. Parmi eux, Luc Mandret, consultant, implore les députés à s’engager et souligne très justement qu’une présence sur le Web n’est pas suffisante, il faut interagir avec le public. Prenant l’exemple de députés arrivant en haut du classement, il prouve combien ces derniers manquent d’interaction avec leurs électeurs sur le Web : « Internet est un lieu de présence pour les députés. Au même titre que les médias traditionnels : imaginez un député se rendre sur un plateau TV sans répondre aux questions des journalistes ni des autres invités ». Etre présent sur le Web, c’est bien. Savoir en faire un lieu de débat et d’échange, c’est mieux.

Rendez-vous en décembre

Comme le souligne Pierre Guillou, ce classement n’a pas une visée critique mais plutôt didactique. L’objectif est de faire réagir les députés et les encourager à multiplier leurs interactions avec l’électorat sur Internet. Contrairement aux idées reçues, les députés ont tout à gagner en se dévoilant sur Internet : oser s’affirmer et affirmer ses idées, se montrer à la portée de son électorat, c’est prendre un avantage sur l’opposition. C’est savoir interpeller l’électeur à l’endroit où il se trouve vraiment. C’est gagner sa confiance et renouer le dialogue politique.

La même étude sera menée à nouveau en décembre et sera l’occasion de voir si certains députés ont tiré les conséquences de cette étude.

Cette entrée a été publiée dans Communication digitale, Communication politique, France, Gouvernement, Réseaux sociaux, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.