DSK : cas d’école pour communication de crise

Difficile pour moi de reprendre l’écriture de mon blog sans dédier un article à l’affaire DSK. Parce qu’elle a marqué le mois de juin, nous a gardés en haleine pendant l’été pour finalement nous laisser pantois la semaine dernière. Retour sur un scandale aux multiples conséquences…

***

Retour en juin 2011

Voilà plus de trois mois que mon site web attend sagement que de nouvelles lignes de code html viennent rafraîchir sa page de blog. Trois mois sans updates, malgré une actualité riche en événements. Trois mois… ça passe vite ! Il arrive que le travail prenne parfois le pas sur nos hobbies. Mais la jeune critique qui sommeille en moi se décide enfin à reprendre les choses en main. D’autant que le monde de la politique nous a fourni cet été de quoi écrire pendant un bon petit moment…

Commençons dans l’ordre. Juin 2011. L’événement majeur qui a marqué la vie politico-médiatique de notre chère patrie, c’est sans nul doute le scandale DSK. Alors qu’il est annoncé favori pour les élections de 2012 (d’ailleurs, ça vous dirait d’arrêter les sondages qui n’ont qu’un but, influencer l’électorat ?), Monsieur Strauss-Kahn est pris en flagrant délit d’adultère couplé d’une accusation de viol. Très vite, ses partisans crient au complot. La France n’en croit pas ses oreilles, ni ses yeux, en voyant le visage atterré de DSK, menotté et malmené par la police new yorkaise.

Eté 2011 : la France tenue en haleine

DSK dans la presse

DSK dans la presse internationale. Copyright Luis Faustino 2011.

Pendant quelques temps, la vie politique française semble comme suspendue, attendant de savoir si le directeur du FMI, brillant économiste, pourrait sortir indemne de cette situation embarrassante et prendre le chemin de la toute première primaire socialiste, en vue de remettre notre pays dans le droit chemin. Bien vite, il faut se rendre à l’évidence. Non seulement DSK ne sera pas de retour en France aussi vite qu’on ne l’espèrait, mais il s’avère qu’il n’est pas si innocent qu’on voulait bien le croire.

Septembre 2011 : le temps des « explications »

S’enchaînent ensuite les manifestations féministes pour le respect des femmes, les commentaires déroutants et révélateurs au sein de la sphère politique de certaines députés, les analyses, pertinentes ou pas, et très stéréotypées, sur l’histoire du juif puissant qui abuse de son pouvoir sur la noire démunie… Jusqu’à l’interview tant attendue de la semaine dernière. Dimanche 18 septembre, Monsieur Strauss-Kahn choisit le JT de TF1 pour s’adresser aux Français et s’excuser… – euh, non, il ne s’excuse pas – s’expliquer et fournir les preuves de son « innocence ». Vingt minutes d’entretien, où chaque seconde semble avoir été préparée, répétée, surjouée. « Un plan com’ bien rôdé » lit-on au Nouvel Obs, « une prestation trop tactique », renchérit Marianne. Les médias s’en donnent à coeur joie dans l’analyse de cette exercice de communication de crise.

Beaucoup d’encre, de paroles, d’indignation, et au final, il y a toujours autant de Français au chômage, toujours autant de postes d’enseignants supprimés à la rentrée, de radioactivité dans l’air du Japon, et de bains de sang dans le monde arabe. L’affaire DSK nous aura presque fait oublier tout ça.

Cette entrée a été publiée dans Communication politique, Etats-Unis, France, Politique, avec comme mot(s)-clef(s) , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.