Tunisie, Egypte : Révolutions, à qui le tour?

Tout d’abord la Tunisie, puis l’Egypte et désormais l’Algérie, la Lybie, le Yémen, le Bahreïn… Un vent de révolte souffle sur les dictatures du monde arabe, porté par la jeunesse qui fait entendre sa voix et nous donne une belle leçon d’action collective et de conquête de la liberté.

Révolution égyptienne : Quand la jeunesse se fait entendre

Dix huit jours. C’est le temps qu’il a fallu au peuple égyptien pour faire chuter le régime dictatorial d’Hosni Moubarak en place depuis 1981 et espérer se construire un pays neuf sur des bases nouvelles. La jeunesse égyptienne s’est élevée au rang de leader de la révolution en organisant des manifestations massives au nom de la liberté.

Wael Ghonim, symbole de la révolution Egyptienne

Très tôt, Wael Ghonim est devenu un nom incontournable de la révolution égyptienne lorsqu’on évoque le rôle qu’ont joué les nouveaux médias dans la libération du peuple égyptien. Cet ingénieur de Google a gagné en célébrité en créant la page Facebook et le mouvement « Nous sommes tous Khaled Said » en hommage à ce jeune homme battu à mort par la police pour avoir révélé les accointances de celle-ci avec des dealers de drogue. Cet événement a marqué le point de départ dans la montée des contestations et la conquête de la liberté.

Par ailleurs, Wael Ghonim a participé avec Google à la mise en place d’une plateforme informatique visant à contourner la censure et le blocage du réseau internet par le gouvernement. L’idée : permettre à tous l’accès à Twitter par le biais d’un appel téléphonique qui réceptionne et retranscrit le message à faire passer, afin que l’information sur les prochaines manifestations puisse circuler. Une fois de plus, les médias sociaux ont occupé un rôle de premier plan dans l’organisation du mouvement contestataire.

Aujourd’hui, c’est même au tour de l’armée égyptienne de créer un page Facebook afin de rétablir le dialogue avec les jeunes et faciliter la transition vers un pouvoir civil. Le chef du conseil, le maréchal Hussein Tantaoui, créateur de la page, a affirmé « qu’une coopération fructueuse dans la période à venir avec les fils honorables de l’Egypte mènerait à la stabilité et à la sécurité ». (Source AFP)

Le triomphe de l’action populaire

protestations en egype

Le départ de Moubarak a été obtenu après de longues journées et nuits de manifestations et d’occupation de la place Tahrir, qui est devenu le lieu symbolique de cette révolution. Divers mouvements contestataires menés par des jeunes, tels que le Mouvement du 6 avril, le Mouvement Kifaya ou encore celui de la Jeunesse des Frères Musulmans ont constitué les fers de lance de cette révolution qui a débuté le 25 janvier 2011, en écho à la révolution tunisienne.

Quel message puissant que celui de jeunes qui se rassemblent autour des mêmes revendications de liberté et d’un même mot d’ordre: « Moubarak dégage ». Des jeunes qui montrent à la jeunesse du monde qu’il est possible de faire entendre sa voix, de faire tomber un dictateur, et d’obtenir la libération d’un peuple. Des jeunes qui ont su prouver leur persévérance, leur conscience collective et leur capacité de rassemblement. Bref, tout ce qui semble manquer à la jeunesse occidentale, pour qui individualisme, confort et ambition personnelle sont les maître-mots.

La conquête de la liberté s’étend

Depuis la chute de la dictature d’Hosni Moubarak le 11 février 2011, d’autres peuples oppressés du monde arabe ont commencé à organiser des manifestations, et laissent présager de nouvelles contestations et des bouleversements au sein des divers régimes en place.

Les inquiétudes occidentales

A l’Ouest, on parle avec inquiétude d’un « effet de contagion » (la chute d’une dictature est-elle une maladie ?). En effet, les puissances occidentales disent craindre l’arrivée au pouvoir des Frères Musulmans, qui représentent « l’incertitude islamiste » et la menace d’un obscurantisme religieux. C’est tellement triste… L’Islam a pris dans nos esprits une connotation si terrible d’extrémisme et de terrorisme, que nous n’arrivons même plus à saluer le courage d’une nation qui s’est soulevée et s’est libérée d’elle-même. Ne devrions-nous pas nous réjouir de cette conquête de la liberté, et de cette lutte contre l’immobilisme et un régime répressif ? Sommes-nous donc voués à ne voir le monde qu’au travers de nos petits yeux d’ex-colonialistes voulant imposer notre vision de la démocratie (une démocratie qui, au passage, revêt bien des défauts et des inégalités) au reste du monde ?

Les enjeux d’une nouvelle diplomatie

Certes, le paysage arabe est en train de changer, les relations diplomatiques s’en trouvent bouleversées mais cela ne signifie pas que l’équilibre géostratégique est rompu. Il revient aux dirigeants du monde de construire ensemble le nouveau visage du monde, dans le respect des cultures, des religions et de l’intérêt général, et surtout – surtout – en veillant à la paix au sein des peuples et entre les peuples.

Sources

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