Tunisie, Révolution 2.0

Ne l’appelez pas Révolution du Jasmin, appelez-la plutôt Révolution Facebook! Tel est le cri lancé par de jeunes Tunisiens. Des Tunisiens qui viennent de montrer toute l’importance de la coalition par le réseau et du pouvoir d’Internet.

Internet, espace de liberté

Face à l’oppression, Internet s’est révélé un véritable espace de liberté pour des milliers de Tunisiens. Aujourd’hui beaucoup disent que la révolution du Jasmin et la chute du gouvernement Ben Ali sont dues en grande partie à l’utilisation des médias sociaux, Facebook le premier.

Révolution Facebook

En effet, alors que de nombreux sites de partage de vidéos ont été censurés par le gouvernement, Facebook s’est avéré être non seulement une plateforme de diffusion de vidéos, mais également un support d’actualité permettant de suivre minute par minute l’évolution de la situation. Informer sur les prochaines manifestations, former des coalitions, lancer des débats: l’organisation et la cohésion des rassemblements à Tunis et ailleurs ont été grandement facilitées par Facebook, qui a assuré la diffusion de l’information et la vitesse de regroupement.

Réseaux sociaux et politique

Après Obama, qui avait, lors de sa campagne de 2008, montré les potentialités des nouveaux médias pour s’organiser et traduire le rassemblement virtuel en action réelle sur le terrain, c’est au tour des Tunisiens de montrer la portée des réseaux sociaux comme propulseur et point d’ancrage de soulèvements démocratiques. Comme le titre un article de The Guardian du 19 janvier 2011, « Twitter et Wikileaks ne sont pas à l’origine de la révolution Tunisienne mais ils y ont fortement contribué ».

Le pouvoir des médias sociaux et la démocratie

L’exemple des Philippines en 2001

Clay Shirky, professeur de nouveaux médias à la New York University, illustre le pouvoir des médias sociaux dans un article publié sur ForeignAffairs.com en janvier 2011. Il cite l’exemple de la protestation aux Philippines en 2001 pendant le procès pour corruption du Président Joseph Estrada. Alors que ce dernier venait de faire voter le Sénat contre l’inspection d’un compte secret, preuve de sa culpabilité, les Philippins s’étaient organisés via envoi de SMS pour manifester sur l’une des plus grandes places de Manille. Sept millions de messages ont été envoyés cette semaine-là. Trois jours plus tard, Estrada démissionnait. Comme le souligne l’auteur, cet événement a été le premier à prouver que les médias sociaux peuvent servir à renverser un leader national. Aujourd’hui, la Tunisie ne fait que renforcer cette idée.

L’Egypte, même destin?

Et pour coller à l’actualité, on pourrait également faire le parallèle avec l’Egypte où le gouvernement de Moubarak, lui, a décidé de couper complètement l’accès à Internet pour empêcher que le peuple ne puisse se soulever trop aisément…

Enfin, pour conclure, je citerai cette phrase de Clark Shirky:
« Alors que les moyens de communication deviennent plus denses, plus complexes et plus participatifs, la population, connectée au Web, est en train de gagner un accès plus large à l’information, des opportunités plus nombreuses de s’exprimer publiquement et une habilité renforcée de mener des actions collectives. »
Les gouvernements devront donc désormais en tenir compte…

Sources:

Clay Shirky, “The Political Power of Social Media” (Janvier/Février 2011, Foreign Affairs)

Timothy Garton Ash, “Tunisia’s revolution isn’t a product of Twitter or WikiLeaks. But they do help” (19 janvier 2011, The Guardian)

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